La nuit seule


La nuit, seule, me désire
Avec ses ailes d’empire noir
Avec ses griffes de montagnes
Jamais atteintes
Avec ses paroles de femme
Qui pourtant ne sont pas
Des paroles
Mais un manège de ses charmes
Comme un félin sournoisement ravi
Et qui danse autour du feu.

La nuit, seule, me désire
Avec son phare sur l’autre rive
Avec sa robe chambre ouverte
Taffetas câlin de pierre
Aussi froide que la lune
Qui se balance sur le ventre.

Et seule elle m’engloutit.
Dans l’ombre d’un rapace
Des millions de soleils
Ont crevé tout autant.

Dès lors
Elle dira à un autre
« Comme je te désire ! »
Qui goûtera à ses étreintes
Qui sans doute la prendra
Pour des bras de réconfort
Pour une offrande en négatif
Et qui pourtant tombera
Dans ses sombres filets

Comme un papillon mortel.


-------------------------------------------------------------------------
Tweeter ce poème