La Tour


A mon Grand-Père

Dans ce rêve taillé dans l’albâtre et la rage
Tu marchais près de moi tu n’étais pas parti.
Devant nous se dressait, comme un géant sans âge,
Une Tour jusqu’au ciel un sol anéanti.

Je t’observais franchir sa Porte des mystères,
Ce mutisme de pierre au culte vertical
Qui refermait sur lui comme des phylactères
Mes angoisses devant ce temple stomacal.

Je te cherchais alors au sein de cette Tour,
Mes pas fragilisés par des marches ténues,
Un semblant d’escalier longeant tout le pourtour
De cette enceinte ornée de meurtrières nues.

J’avais beau t’appeler tu restais invisible
Et l’insondable vide ensemencé d’étoiles
Qui s’ouvrait à mes pieds comme une encre nuisible
Véhiculait au loin des âmes et des voiles.

Mais où te trouves-tu ? Ma peine est un pulsar
Qui guette chaque nuit de ton rayonnement
Le souffle imperceptible arrivé par le soir
De ta voix me laissant un mot tendre et aimant.


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