Ci-dessous, quelques poèmes extraits de mon recueil qui comporte 51 textes

Quetzal

La canopée sommeille aux lèvres de la pluie.
Comme un vaisseau figé dans l’attente de l’aube,
Elle accorde au maquis de l’oiseau émeraude
Un répit salvateur sous sa robe jolie.

Plongé dans les desseins de l’engouement fractal,
L’oiseau prisme s’attache aux étangs de lumière
Qui trament son plumage à la brune matière
De cette iridescence emplie de végétal.

Mais le vent qui s’amorce aux pupilles des cimes
Lui rapporte les sons immanents du désordre,
Ces blessures du monde ouvertes comme un ogre
Sur sa tranquillité d’oiseau des rarissimes.

Et pour chasser l’écho des grondements suspects
Le Quetzal trace alors d’une danse en plein jour
Les tournoiements dorés d’une légère cour
Qui tissent à l’aimée un bouclier de paix.

Ballerine

Quand un air de musique accroche délicat
Le satin d’une robe aux friselis d’enfance
On peut voir le soleil s’échapper de son mât
Se lover tout autour d’une rose qui danse.

Impassible poupée dans son écrin de bulle,
La fillette suit l’orbe éclairée de la scène
Pour dessiner dans l’air comme une funambule
Les multiples rayons d’une fée aérienne.

Puis dans le cercle d’or de ses jeux en fusion
La jeune ballerine égrène le rosaire
Des pétales de vie qui glissent à foison
Sur les eaux étranglées d’un lac imaginaire.

Sonnet pour Aorinne

Je vous trouve, mon ange, Ô combien si jolie
Avec vos blonds cheveux de faisceaux plus dorés
Qu'une mer en florins à la robe polie,
Si tentants pour mes yeux qui ne sont point curés.

Et tout dans votre rire inspire tant la joie,
Qu'il résonne en mon coeur le sursaut de vos ailes
Quand gaiement vous parlez à mon teint qui rougeoie
De bonheur, de plaisir, de vos mains aussi frêles.

Tout cela, direz-vous, c'est de la poésie,
Une pièce inventée par pure courtoisie,
Mais mon ange adorée, apprenez sans discours

Que vous êtes divine en tant que point de mire
Et que Dieu n'a jamais non jamais eu recours
A plus belle oeuvre d'art afin que je l'admire !

L'adieu

Le soir le long des quais peuplés de créatures,
Un fou pleure parfois un amour envolé,
L'ombre d’un passé blond comme une chevelure
Qui n'est plus que néant sous les néons voilés.

Et si proche la Seine aux mouettes rieuses,
Endormie malgré tout sous un vent résolu,
Recueille dans son lit ses pensées voyageuses :
Une femme est partie et ne reviendra plus.